Le Trousse Art (Case Art aux USA et Canul Art en Wallonie) est un mouvement d'art contemporain apparu dans les années 2008 à Sarrebourg (France).
Mais il existe bien entendu des précurseurs, des suiveurs, et probablement des mystificateurs.
Proche de l'art naïf, de l'art sociologique, du graffitisme, de la mouvance néo-minimaliste mosellane et de l'art aborigène australien, il se manifeste prioritairement par des micros interventions dans certaines structures éducatives de l'est de la France et depuis peu par des actions infographiques en réseau de portée mondiale.
De nombreux trousse-artistes ont été inconsciemment influençés par le graffitiste Keith Haring, d'autres se réfèrent plutôt (sans le savoir ?) à Man Ray et son célèbre "fer à repasser" (voir aussi "catalogue d'objets introuvable" de Carelman).
La plupart ont en commun une totale fraîcheur idéologique, basée sur un non-savoir instinctif qui les préserve de toute interférence avec l'histoire de l'art.
En effet, au-delà de l'intense communication neuronale induite par l'esthétique troussique, le trousse-artiste développe incontestablement une certaine forme d'humour du quotidien (pas toujours cependant), qui n'est pas sans rapport avec certaines thèses du philosophe indien Nagarjuna (lesquelles sous-entendent que la vacuité est sous-jacente à toute chose, suivant l'axiome fameux : "quand ceci est, cela est. Ceci apparaissant, cela apparaît. Quand ceci n'est pas là, cela n'est pas. Ceci cessant, cela cesse" que l'on peut rapprocher de la maxime bien cunnue de penseur français Jacques Rouxel : "quand il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème, et vice-versa").
L'oeuvre trousse-art n'est pas définie par ses propriétés esthétiques intrinsèques, souvent minimes, mais par sa charge d'investissement (relationnel ou non), sa non-perennité probable et sa causalité fondamentale : la langueur de l'apprenant lors de certaines séquences rituelles obligatoires du groupe (appelé "classe") qui réunissent plusieurs heures par jour les membres du collectif autour d'un formateur.
Elle obéit à des impératifs stricts : non-intentionnalité (comme pour un ready-made, l'oeuvre est "découverte" - nommé - en l'état), l'utilisation quasi-exclusive de matériaux issus du monde de la papeterie et de l'ingénierie scolaire, fétichisation manifeste.
L'objet (plus rarement l'image) est soit contenu dans la trousse, soit il EST la trousse elle-même. Par extension, le Trousse Art peut étendre la question du support jusqu'à la table elle-même - voir aux murs - mais on entre là dans une autre forme d'art, plus spécifiquement proche du graffitisme qui ne sera pas abordée ici.
Par définition, l'objet trousse-art a une courte durée de vie. Aussi, l'essentiel du fond sarrebourgeois est-il constitué de photographies accumulées au hasard des rencontres avec les artistes et leurs oeuvres.
A noter qu'une évolution récente du mouvement tend à mettre en relation l'objet trousse-art et l'art moderne, voir contemporain, dans un but à la fois ludique et didactique.
Cette tendance, qui vise à une extension du mouvement, privilégie l'infographie et le net-art.
On peut toutefois lui reprocher de subvertir le message fondamental du Trousse Art en investissant, fusse virtuellent, l'espace institutionnel, certains critiques ayant dénoncé une forme de récupération à des fins probablement pédagogiques.
samedi 29 mai 2010
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